Soirée- discussion : le vécu de la césarienne par les mères – Mardi 8 janvier

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Soirée- discussion : le vécu de la césarienne par les mères

Mardi 8 janvier de 20h à 22h

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Pour présenter cette soirée discussion, nous avions préparé un petit texte, avec illustration et lien. Et puis Anne-Laure nous a envoyé celui-ci. C’est avec émotion que nous vous le partageons (et le premier texte de présentation se retrouve à la fin).

Celle que je n’ai pas vue venir, et celle que j’ai vue venir.

J’aurais pu aussi intituler mon article « celle dont j’ai voulu, et celle dont je n’ai pas voulu ».

Et, bizarrement, celle dont j’ai voulu est celle que je n’ai pas vue venir, mais aussi celle qui m’a le plus blessée, alors que celle dont je ne voulais pas, est celle que j’ai vue venir, mais qui m’a réconciliée. (ah, je vous embrouille, là, hein ? Fallait pas boire autant pendant les fêtes, na !)

De quoi qu’elle cause la Dame ? Ben de césarienne, pardi. De la naissance de mes 2 enfants.

Quand un vendredi d’octobre 2010, on m’a découpée à 5h30 du matin, je le voulais. Tellement. Depuis 3 jours que mon corps travaillait, mais « pas comme il faut », dans le vide, j’étais épuisée, je n’en pouvais plus qu’on me touche, d’attendre, d’avoir mal, d’entendre les bips irréguliers du monitoring de mon tout-petit qui souffrait. Alors quand on m’a annoncé la césarienne, je me suis sentie soulagée de voir la fin de ce tunnel qui n’en finissait pas. Je me souviens même m’être dit « souviens-toi ma grande, comme tu voulais qu’on t’ouvre pour te le sortir »

Mais je ne savais pas à quel point j’allais en pleurer, de cette cicatrice. Du sentiment qui m’a envahie, une fois l’euphorie de la naissance passée, et qui ne m’a pas lâchée pendant des mois. De ce sentiment d’incapacité (à mettre au monde, ce pour quoi je suis sensée être programmée) qui ne vous quitte plus. Cette question qu’on se pose tous les jours : « est-ce que je serais capable un jour de sortir un enfant « normalement « ? ». Les poils qui se hérissent à l’idée qu’on vous touche. Le regard qui se détourne devant mon miroir.

Et puis, un jour, on se dit « allez, on lance le 2è, et on verra bien », avec cette peur au ventre, de celle qui nous guide vers l’inconnu, chancelante, mais on y va quand même.

Quand un mercredi d’octobre 2012, on m’a découpée à 11h30, je ne le voulais pas. Mon cœur, mon corps tout entier se déchirait, l’impuissance me submergeait, j’avais échoué. Depuis le début de la grossesse, je savais que ça planait au-dessus de ma tête (merci, Damoclès). Mais depuis 15 jours, que j’étais sûre d’y « repasser », je pleurais. Et pourtant, ce jour-là, je me suis réconciliée avec moi, mon corps, mon incapacité. Parce que ce jour-là, j’ai été soutenue par des personnes formidables qui nous ont aidés à faire de cette opération un vrai moment de rencontre avec notre 2è enfant (Big up pour Hélène et Flory, si vous me lisez).

11h34, Flory me raconte à l’oreille les détails, où ça en est, ça y est, il sort

11h36, Hélène nous apporte près de nous notre petite merveille, si belle, si dodue (la merveille), notre Robin.

Ce moment que nous avons pu partager, mon conjoint et moi (en tant que couple-test : c’était la première fois que cet hôpital acceptait la présence d’un père au bloc), de rencontrer Robin ensemble (eh oui, ça vous paraît évident, à vous qui accouchez par voie basse, mais dans le cas d’une césarienne, c’est chacun son tour que les yeux se mouillent !), de le garder près de nous ensemble, en salle de réveil, en peau à peau, avec le minimum de soins effectués (et pas ceux complet de la procédure), on s’est dit : « ok, pour nous la naissance de nos enfants, c’est un RDV sur le calendrier, en fonction des disponibilités d’un gynéco, mais là, on est quand même drôlement heureux, non ? »

Et finalement, cette cicatrice, dans la glace, et bien, je ne la regarde plus avec autant de réticence. Elle fait partie de moi, de mon histoire, de notre histoire, et même de leurs histoires.

Et vous, la césarienne, ça vous dit quoi ?

Venez en parler lors de la rencontre le 8 janvier 2013, organisée par Bouts de Ficelle.

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