l’éducation lente

En ces temps de vacances scolaires, on peut apprécier de pouvoir ralentir le rythme de vie de ses enfants. A moins bien sûr qu’on ne fasse de nombreuses visites à la famille et aux amis, c’est le moment où ils peuvent lever le pied, ne plus avoir à se lever aux aurores pour mener une longue journée à l’école ou même à la crèche. Chez nous en tout cas c’est ainsi, une fois passé Noël avec ses préparatifs et ses cadeaux excitants, c’est le moment où l’on ne fait rien. Rien de spécial en tout cas. Rien d’obligatoire. Et cette année, je trouve que ça fait du bien à notre fille de 4 ans 1/2, qui est complètement surexcitée par l’école, son rythme soutenu et son ambiance survoltée, même si tout se passe bien.

Catherine et moi sommes récemment tombées sur plusieurs articles évoquant « l’éducation lente » qui nous ont fait réfléchir au rythme de vie que nous menions et faisions mener à nos enfants. Vous pouvez les découvrir ici :

http://lesvendredisintellos.com/2012/07/21/slow-education/

Nous vivons un formidable paradoxe, alors que tous les nouveaux outils technologiques pourraient nous permettre de faire pareil en moins de temps, et donc d’avoir plus de temps pour un tas de choses, il est de bon ton au travail et en société de paraître éternellement débordé

http://www.education-joyeuse.com/2011/11/education-lente.html

L’éducation lente s’inspire des mouvements « slow » comme le « slow food ». Elle met en avant la nécessité de prendre son temps, de ne pas être dans la course, d’être à l’écoute des besoins de l’enfant, et de son rythme.

Et à l’adresse suivante, vous pouvez télécharger un numéro de la revue Silence qui a consacré un intéressant dossier à ce sujet :

http://www.revuesilence.net/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&cntnt01articleid=59

Interview de Carl Honoré :
[...] Q : Quelles seraient les caractéristiques et les fondements d’une éducation lente ? Inconvénients et avantages, à vos yeux.
R : Dans ce contexte, « lente » signifie : où tout est réglé à la bonne vitesse. Pour moi, l’éducation lente a pour but de rééquilibrer la vie familiale. Les enfants ont besoin de faire des efforts, de lutter et de se dépasser, mais cela ne veut pas dire que l’enfance est une course. Les parents lents leur offrent le temps et l’espace nécessaires pour qu’ils explorent le monde à leur rythme. Le père et la mère maîtrisent donc l’emploi du temps familial afin que chacun ait le temps de se reposer, de réfléchir et, tout simplement, de rester ensemble sans rien faire. Ils admettent qu’il n’est pas forcément nécessaire de se mettre en quatre pour offrir aux enfants tout ce qu’il y a de mieux (car cela revient à les priver d’une leçon nettement plus utile : comment faire ce qu’on peut avec ce qu’on a).
L’éducation lente signifie laisser nos enfants devenir ce qu’ils sont, au lieu d’en faire ce que nous voudrions qu’ils soient ; laisser les choses arriver au lieu de s’échiner à les faire arriver plus vite ; accepter le fait que, bien souvent, les apprentissages et les expériences les plus précieux ne peuvent pas être jaugés ni résumés sur un C.V.

En ce qui concerne l’école, l’éducation lente repose sur l’idée que les enfants apprennent mieux quand ils prennent leur instruction en main. Quand on leur permet d’explorer le monde à leur propre rythme. Quand on les laisse apprendre ce qu’ils veulent quand ils le veulent réellement, et non quand le système décide qu’ils doivent l’apprendre.
L’éducation lente laisse s’exprimer une certaine compétition, sans transformer les années d’école en une course dont seul le vainqueur sort gagnant. Elle laisse aux enfants assez de temps hors de la classe pour qu’ils se reposent, réfléchissent et digèrent ce qu’ils y ont appris. L’éducation lente évite le contrôle bureaucratique centralisé pour rendre leur pouvoir aux écoles, qui décideront chacune de ce qui convient le mieux aux enfants.
L’éducation lente présente deux dangers. Le premier est que la lenteur risque de ne pas suffisamment « nourrir » les élèves les plus intelligents et de les laisser ainsi sur le bord du chemin ; le second est que sa structure et son organisation pourraient être insuffisantes pour les enfants issus de milieux défavorisés. Mais il me semble que ce système, s’il est conçu correctement, permettrait d’éviter ces deux pièges pour convenir à tous les enfants. [...]

■■ Manifeste pour une enfance heureuse. Halte aux emplois du temps surchargés et à la course à la performance, tr. Armelle Santamans,
Marabout, 2008, 344 pp.

http://www.carlhonore.com/?page_id=5


  • By Phypa, 31 décembre 2012 @ 9 h 46 min

    Je découvre votre association, via le lien avec l’article sur la slow éducation.
    Déjà membre des Vendredis Intellos ?
    Je suis sûre qu’il y a matière à échanger
    @ bientôt

  • By Bouts de Ficelle, 31 décembre 2012 @ 19 h 15 min

    Avec plaisir ! vous abordez tellement de thèmes qui nous passionnent aussi !
    @ bientôt !

Other Links to this Post

WordPress Themes

WP Like Button Plugin by Free WordPress Templates

Switch to our mobile site