Le burn-out des enfants

Un article très intéressant sur madame Figaro, daté d’avril 2016 mais toujours d’actualité :

http://madame.lefigaro.fr/enfants/burn-out-enfants-craquage-surmenage-ecole-040416-113692?fbclid=IwAR3DIWLto1fHn2u5IqWiN8SQbjC1HOKTfuSp6qNOLLHY68HnaTUIlnbEmBE

Extraits :

Soumis à la pression parentale et aux exigences scolaires, les enfants sont de plus en plus nombreux à craquer et à faire un véritable burn-out. Parfois dès la maternelle.

Le terme « burn-out » n’existe pas officiellement pour les enfants. Le mal pourrait tout aussi bien s’appeler stress, « craquage nerveux » ou dépression. Si certains observateurs ne craignent pas de faire le rapprochement avec l’épuisement professionnel, c’est bien parce que les symptômes sont les mêmes. « Le premier signe est la fatigue. [...]

Viennent ensuite l’épuisement nerveux et le moral égratigné. Au menu, difficultés d’endormissement et repli sur soi. [...] À l’instar des adultes, après les signes avant-coureurs, certains développent des troubles dépressifs, pleurent souvent et arrêtent de communiquer. Dans les cas les plus extrêmes, les conséquences peuvent aller jusqu’aux troubles alimentaires, aux conflits dans la fratrie ou aux problèmes de violence.

[...] la médecin pédiatre et haptothérapeute Catherine Dolto  : « Les enfants sont de plus en plus soumis au stress des parents, angoissés par la performance ». Il faut dire que le discours ambiant n’est pas rassurant, et la réussite de l’enfant apparaît alors, pour certains, comme un gage de sécurité face à l’avenir incertain. [...]
On assiste à une surstimulation cognitive des enfants.

Aucun milieu social n’est exempté. Si l’objectif des parents est le même – la réussite – il se traduit de façon différente. « Dans les milieux défavorisés, les enfants deviennent parfois les parents des parents, se doivent de mieux réussir et sont surmenés par la gestion de la fratrie et de la famille, explique la psychologue Aline Nativel Id Hammou. Dans les milieux aisés, on assiste à une surstimulation cognitive des enfants. » En somme, toujours plus de connaissances de plus en plus jeune. [...] « L’intelligence est avant tout affective, rappelle Catherine Dolto. C’est l’insécurité affective qui risque d’éteindre les capacités cognitives de l’enfant. »

Pour la psychothérapeute Béatrice Millêtre, le grand coupable du burn-out infantile reste « le système entier, qui exerce une énorme pression sur les enfants ». Par « système », comprenez l’école française, toujours plus élitiste

[...] Et dans une société de plus en plus pressée, c’est bien le temps qui semble manquer cruellement aux enfants. Ils n’ont plus le loisir de s’ennuyer, de souffler. Le Dr Catherine Dolto parle même de « maltraitance temporelle ». « On leur demande constamment de se dépêcher. Or, ils ont besoin de temps pour vivre, écouter, penser », ajoute la professionnelle.

Pour les aider, Béatrice Millêtre demande d’abord aux parents « de sortir l’enfant du système scolaire pendant une semaine pour qu’il déconnecte et se repose ». Ensuite la professionnelle réexplique les règles du jeu à la famille [...] . Yalmah Truong, éducatrice spécialisée en Île-de-France et partenaire de la psychologue Aline Nativel Id Hammou, intervient quant à elle directement au domicile des parents. « L’objectif est de modifier le rythme de vie de la famille, ses habitudes et de faire comprendre aux parents pourquoi l’enfant n’en peut plus », explique-t-elle. Elle demande par exemple aux adultes de coucher sur papier l’emploi du temps du petit. « Certains s’aperçoivent ainsi que l’enfant est occupé de 7 heures à 21 heures par exemple », indique l’éducatrice. Avec ce dernier, la professionnelle adapte son travail à chaque cas et redonne confiance au petit « grâce au jeu, aux dessins ou au toucher avec de la pâte à modeler ». [...]

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