L’éducation positive : ce n’est pas si simple que ça

Voici un livre de Béatrice Kammerer au thème très intéressant suivi d’une critique éclairée par Marie Gervais, une auteure/autrice très intéressante aussi.

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D’après l’auteur, « Dans ce livre, vous ne trouverez pas:
❌ De conseils autoritaires
❌ De jugements culpabilisants sur votre parentalité
❌ De méthode miracle pour lui faire manger ses brocolis/booster son QI /lui faire dire bonjour à la dame

Vous trouverez en revanche:
✅ Des informations sur les origines philosophiques et idéologiques du courant de l’éducation positive
✅ Des témoignages de parents enthousiastes, critiques, sceptiques
✅ Des enquêtes sur les dessous du business de l’éducation positive
✅ Des ressources pour vous aider à identifier vos valeurs éducatives, faire des choix éducatifs qui ont du sens pour vous
✅ Des réflexions sur les risques de l’éducation positive pour la charge mentale des mères et les inégalités fe/ho
✅ Un debunking du neuro-bullshit éducatif *
✅ Des propositions pour hacker la parentalité positive afin qu’elle ne soit plus synonyme de pression, culpabilité et course au parent parfait mais de bricolage, expérimentation et droit à l’erreur ! »

Ces dernières années, les livres de parentalité en général et d’éducation positive en particulier ont beaucoup (euphémisme) convoqués des arguments supposément issus des neurosciences. Il se trouve que beaucoup de ces arguments ne sont pas solides, ou pas suffisamment, c’est ce dont je parle dans mon livre.

« L’éducation vraiment positive » = un nouveau livre vraiment utile sur l’éducation tout court !

J’aime beaucoup les écrits de Béatrice Kammerer, je ne vais pas le cacher. Fondatrice du site communautaire« Les vendredis intellos » (« avec ou sans mômes, t’as pas perdu tes neurones »),  auteure du très bon livre« Comment éviter de se fâcher avec la Terre entière en devenant parent », paru en 2017 et dont j’avais fait une critique par ici, et journaliste sur Slate, il est difficile de ne pas être d’accord avec elle. Pourquoi ? Tout simplement parce que Béatrice ne tente pas de nous convaincre que sa vision personnelle de parent est la meilleure, et qu’il faut faire ci ou ça pour être un « bon parent du XXIème siècle » = non, car justement parce que sa passion à elle, c’est d’aller chercher, du côté de l’histoire et de la sociologie, ce qui est à l’origine de nos croyances & de nos a-prioris, et d’aller débusquer les fausses bases scientifiques & les biais inhérents à toute « solution parfaite ».

la suite de l’article ici :

« L’éducation vraiment positive » = un nouveau livre vraiment utile sur l’éducation tout court !

(le livre et mon chat) J’aime beaucoup les écrits de Béatrice Kammerer, je ne vais pas le cacher. Fondatrice du site communautaire « Les vendredis intellos » (« avec ou sans mômes, t’as pas perdu tes neurones »), auteure du très bon livre « Comment éviter de se fâcher avec la Terre entière en

http://education-creative.com

http://education-creative.com/blog/?p=13762&fbclid=IwAR3hJHAamIvcQhXj6X0NsWYMhd9F8kMa8Ys6wZLCwsgx49Q07Vxrax5eG1U

Et moi personnellement, j’aime beaucoup Béatrice Kammerer ET Marie Gervais dont les textes et les livres sont toujours inspirants.

Véronique

En mémoire de Jesper Juul 1948-2019

https://www.oveo.org/en-memoire-de-jesper-juul-1948-2019/#more-8528

Nous avons appris le décès, le 25 juillet 2019, du thérapeute familial danois Jesper Juul, fondateur du Familylab, « laboratoire des familles », auteur de plusieurs ouvrages traduits en français, défenseur de l’important concept d’équidignité (égale dignité des adultes et des enfants) et des valeurs d’authenticité de la relation, d’intégrité et de responsabilité personnelle (les parents ne sont pas propriétaires de leurs enfants, ils en sont responsables).

Florilège de citations du livre de Jesper Juul paru en 2012, Regarde… ton enfant est compétent, choisies par Olivier Maurel. Quelques extraits :

« Les enfants sont nés comme des personnes sociables et humaines et, pour développer ces qualités, ils ont besoin de vivre avec des adultes qui se comportent avec sociabilité et humanité. Toute forme de méthode n’est pas seulement superflue, elle est contre-indiquée, parce qu’elle fait de l’enfant un objet pour ses proches. »

« Quelle que soit la conviction des parents, toute forme de recours à la violence sur les enfants a exactement les mêmes conséquences que sur les adultes : à court terme, cela engendre de l’angoisse, de la défiance et de la culpabilité, à long terme, une faible estime de soi, de la colère et de la violence. »

« C’est l’expression de l’amour qui est essentielle au développement de l’estime de soi de l’enfant. Cela n’aide pas que les cœurs des parents débordent d’amour, si leurs actes manquent d’amour – pas intentionnellement, mais dans la perception qu’en a l’enfant. »

« Quand un enfant sent que les adultes se soucient de ses limites, il apprend à respecter les limites des autres dès qu’il y a été confronté à quelques reprises. »

« Même si nous trouvons parfois le comportement de nos enfants insupportable, nous ne devons jamais cesser de les considérer comme des êtres humains d’égale dignité. »

« On trouve encore beaucoup de parents convaincus que les enfants doivent “apprendre à obéir”, et cela entraîne presque toujours la “désobéissance”, qu’elle soit frontale ou masquée. Pourquoi donc ? Parce qu’il est indigne et outrageant de devoir obéir aux ordres quand on aimerait bien mieux coopérer. »

« La violence physique est une atteinte à l’intégrité de tout être humain – y compris des enfants. Cela concerne aussi, même si nous les appelons “le dernier recours”, les “fessées qu’ils ont bien cherchées”, le “droit de correction”, etc. Rien que le nombre d’euphémismes que nous avons inventés pour ne pas dire simplement “violence” dit quelque chose sur le fait qu’au fond de nous nous savons qu’il y a là quelque chose de mal. »

« Il est peut-être aujourd’hui plus vrai que jamais que notre façon de traiter nos enfants est décisive pour l’avenir du monde. Il existe suffisamment de preuves à l’appui pour que nous ne puissions pas espérer maintenir plus longtemps notre double jeu envers les enfants et les jeunes. A long terme, nous ne pouvons pas nous en tirer en prêchant d’un côté l’écologie, l’humanité et la non-violence et de l’autre en traitant nos enfants et nos jeunes avec violence au sens littéral de ce mot. »

Le burn-out des enfants

Un article très intéressant sur madame Figaro, daté d’avril 2016 mais toujours d’actualité :

http://madame.lefigaro.fr/enfants/burn-out-enfants-craquage-surmenage-ecole-040416-113692?fbclid=IwAR3DIWLto1fHn2u5IqWiN8SQbjC1HOKTfuSp6qNOLLHY68HnaTUIlnbEmBE

Extraits :

Soumis à la pression parentale et aux exigences scolaires, les enfants sont de plus en plus nombreux à craquer et à faire un véritable burn-out. Parfois dès la maternelle.

Le terme « burn-out » n’existe pas officiellement pour les enfants. Le mal pourrait tout aussi bien s’appeler stress, « craquage nerveux » ou dépression. Si certains observateurs ne craignent pas de faire le rapprochement avec l’épuisement professionnel, c’est bien parce que les symptômes sont les mêmes. « Le premier signe est la fatigue. [...]

Viennent ensuite l’épuisement nerveux et le moral égratigné. Au menu, difficultés d’endormissement et repli sur soi. [...] À l’instar des adultes, après les signes avant-coureurs, certains développent des troubles dépressifs, pleurent souvent et arrêtent de communiquer. Dans les cas les plus extrêmes, les conséquences peuvent aller jusqu’aux troubles alimentaires, aux conflits dans la fratrie ou aux problèmes de violence.

[...] la médecin pédiatre et haptothérapeute Catherine Dolto  : « Les enfants sont de plus en plus soumis au stress des parents, angoissés par la performance ». Il faut dire que le discours ambiant n’est pas rassurant, et la réussite de l’enfant apparaît alors, pour certains, comme un gage de sécurité face à l’avenir incertain. [...]
On assiste à une surstimulation cognitive des enfants.

Aucun milieu social n’est exempté. Si l’objectif des parents est le même – la réussite – il se traduit de façon différente. « Dans les milieux défavorisés, les enfants deviennent parfois les parents des parents, se doivent de mieux réussir et sont surmenés par la gestion de la fratrie et de la famille, explique la psychologue Aline Nativel Id Hammou. Dans les milieux aisés, on assiste à une surstimulation cognitive des enfants. » En somme, toujours plus de connaissances de plus en plus jeune. [...] « L’intelligence est avant tout affective, rappelle Catherine Dolto. C’est l’insécurité affective qui risque d’éteindre les capacités cognitives de l’enfant. »

Pour la psychothérapeute Béatrice Millêtre, le grand coupable du burn-out infantile reste « le système entier, qui exerce une énorme pression sur les enfants ». Par « système », comprenez l’école française, toujours plus élitiste

[...] Et dans une société de plus en plus pressée, c’est bien le temps qui semble manquer cruellement aux enfants. Ils n’ont plus le loisir de s’ennuyer, de souffler. Le Dr Catherine Dolto parle même de « maltraitance temporelle ». « On leur demande constamment de se dépêcher. Or, ils ont besoin de temps pour vivre, écouter, penser », ajoute la professionnelle.

Pour les aider, Béatrice Millêtre demande d’abord aux parents « de sortir l’enfant du système scolaire pendant une semaine pour qu’il déconnecte et se repose ». Ensuite la professionnelle réexplique les règles du jeu à la famille [...] . Yalmah Truong, éducatrice spécialisée en Île-de-France et partenaire de la psychologue Aline Nativel Id Hammou, intervient quant à elle directement au domicile des parents. « L’objectif est de modifier le rythme de vie de la famille, ses habitudes et de faire comprendre aux parents pourquoi l’enfant n’en peut plus », explique-t-elle. Elle demande par exemple aux adultes de coucher sur papier l’emploi du temps du petit. « Certains s’aperçoivent ainsi que l’enfant est occupé de 7 heures à 21 heures par exemple », indique l’éducatrice. Avec ce dernier, la professionnelle adapte son travail à chaque cas et redonne confiance au petit « grâce au jeu, aux dessins ou au toucher avec de la pâte à modeler ». [...]

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